Pouvez-vous nous parler de votre parcours et de ce qui vous a conduit à devenir artiste ?
En ce qui concerne mon parcours, il est purement technique, précisément en électrotechnique puis en informatique. Cela a été motivé par ma curiosité et mon amour pour la manipulation des objets.
Quant à ce qui m’a poussé à devenir artiste, en réalité, je n’ai jamais rêvé de l’être. Je ne connaissais même pas cette profession. J’ai toujours été passionné par les véhicules et je rêvais d’être designer automobile. Les voitures sont d’ailleurs ce que je dessinais le plus depuis la maternelle. Je me souviens qu’entre le CP et le CM2, je vendais déjà mes dessins.
En parallèle de mes études, ma pratique du dessin ne m’a jamais quitté. De foyer d’accueil en foyer d’accueil, le dessin était pour moi un moyen de décompresser, de communiquer avec moi-même. C’étaient les seuls moments où je me sentais libre et où je peux dire que j’étais en paix.
C’est en faisant des rencontres, notamment avec des personnes qui partageaient la même passion que moi et qui étaient plus expérimentées, que j’ai commencé à entendre parler de l’art et des artistes. Mais la plupart des artistes que je rencontrais étaient soit enseignants, soit tenaient un atelier de sérigraphie. Ce n’était pas la vision que j’avais intérieurement de l’art et de l’artiste. J’ai donc continué à dessiner pour passer le temps.
En 2016, je découvre le Club Arts plastiques et Beaux-Arts de l’Université de Maroua, auquel j’adhère. J’y apprends un peu plus sur l’art et sur le métier d’artiste. En 2020, je commence mon apprentissage de la peinture à l’huile, notamment l’émail. En 2021, après l’obtention de ma licence en informatique, je décide de me lancer et de me consacrer à la recherche et à ma pratique artistique. C’est ainsi que tout a commencé.
Comment décririez-vous votre univers artistique à quelqu’un qui découvre votre travail pour la première fois ?
Mon travail est réalisé à la peinture acrylique. Mes sujets sont à dominante bleue et représentés sous forme de granulés, traduisant ainsi la noblesse et la vulnérabilité qui nous caractérisent tous en tant qu’êtres humains, au-delà de nos différences sociales et de nos appartenances.
Quels sont les thèmes ou les préoccupations qui traversent le plus souvent votre travail ?
Mon travail est principalement axé sur des thématiques telles que l’identité, la résilience et la mémoire.
D’où viennent vos inspirations ? Y a-t-il des expériences personnelles, des lieux, des histoires ou des références culturelles qui nourrissent particulièrement votre création ?
Mon travail s’inspire beaucoup de mon enfance, de mon vécu et des différents lieux dans lesquels j’ai vécu, mais aussi de l’expérience de mon entourage, de près ou de loin.
Ayant toujours vécu en foyer d’accueil, mon travail s’inspire également de ma quête d’identité, de mes racines et, surtout, de mon désir de comprendre l’essence même de l’existence.
Pouvez-vous nous parler de votre processus de création ? Comment une œuvre commence-t-elle pour vous : par une idée, une image, une matière, une émotion ?
Mon processus de création commence souvent par une émotion, qui se transforme ensuite en idée. Puis arrive le moment où il faut matérialiser cette idée.
Étant artiste figuratif, je recherche alors une image qui correspond à l’idée, puis je crée l’ambiance qui l’accompagne, selon mon ressenti et ce que je souhaite transmettre.
Parmi les œuvres que vous présentez aujourd’hui sur Art Kelen, y en a-t-il une qui occupe une place particulière pour vous ? Pourquoi ?
Que souhaitez-vous que le public ressente, comprenne ou questionne lorsqu’il se trouve face à votre travail ?
Je souhaite que chacun puisse s’identifier à travers l’autre, s’y projeter et prendre conscience de la vanité de chaque chose.
Comment votre pratique a-t-elle évolué ces dernières années, et dans quelle direction souhaitez-vous aujourd’hui la faire évoluer ?
Ces dernières années, je dirais que j’ai beaucoup évolué sur les plans plastique et thématique. J’ai notamment enrichi ma pratique à travers l’utilisation du bleu outremer, symbole de noblesse, mais aussi grâce à de nombreux échanges avec des grands frères artistes et certaines galeristes.
J’ai également avancé dans ma quête autour de l’essence même de l’existence, car je pense que nous sommes nombreux à nous interroger sur cette question. Nous sommes toujours en quête de création et nous allons parfois jusqu’à créer ce qui pourrait nous détruire. Le cas de l’intelligence artificielle et de la robotique nous interpelle notamment sur ce point.
Que représente pour vous le fait de rejoindre Art Kelen, et qu’aimeriez-vous que les collectionneurs et le public découvrent de votre travail à travers la plateforme ?
Tout d’abord, je tiens à remercier Art Kelen pour l’opportunité qui m’est donnée et pour tout ce qui est fait pour l’art de façon générale.
Art Kelen est pour moi une plateforme qui me donne l’opportunité d’accroître ma visibilité, de mieux communiquer autour de mon travail et de promouvoir les thématiques que je défends à travers ma pratique artistique.
